Patrice Levers (1858)

Patrice Levers était docteur en médecine à Paris et auteur d'un recueil de poésies, Les Combats, publié en 1848 parce qu'il n'avait pas pu le faire imprimer sous Louis-Philippe. Il défend la pensée et la poésie contre les "intérêts matériels privilégiés". C'est sans doute son amour de la poésie qui l'a poussé à écrire le chapitre sur Quinault dans Les Classiques et les Romantiques. Leçons analytiques de littérature et de style […], sous la direction de Ch. Martin et de Bescherel aîné (Tome I, Paris, Braconnier et Cie. 1858), p. 408-418. Le chapitre contient quelques erreurs (la première pièce de Quinault était Les Muses rivales !) mais aussi des remarques perspicaces.

Il admire quelques vers dans Bellérophon et dans Roland (II, 4 ; IV, 5), les divertissements de Psyché, l'évocation des esprits infernaux dans l'acte II d'Armide et le choeur des ombres dans Proserpine, qu'il donne comme exemple du sublime.

« Quinault a de la vigueur, mais toute autre vigueur que la sienne serait un défaut dans ses opéras dont les coupes sont tendres et pour ainsi dire érotiques. Ce reproche se convertit en éloge, c’est que Quinault est un auteur original. »

P. 413, contre l’accusation de Boileau, « Et jusqu’à je vous hais, tout se dit tendrement ».


« Quinault […] rappelle toute la simplicité, la grâce et l’harmonie des peuples anciens. » (p. 414)


« C’est bien plutôt la froide et monotone musique de Lulli qui fut réchauffée par la poésie mélodieuse et musicale de Quinault ». 

P. 415 ; pour Boileau, Quinault a écrit des « lieux communs de morale lubrique / Que Lully réchauffa des sons de sa musique ».


« Il s’en faut peu qu’il ne soit le créateur de l’opéra. » (p. 415)


« Quinault peut être classé parmi les écrivains du siècle de Louis XIV qui ont fixé la langue. » (p. 416)