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Il y a un nombre impressionnant de sites internet où Quinault a trouvé sa place.
Pour commencer, on peut consulter plusieurs textes de Quinault sur Gallica.

Plusieurs sites internet proposent des informations utiles sur l'histoire du théâtre et de l'opéra :

N'oubliez pas les parodies des livrets.


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Quinault a sa place dans le débat autour de la paternité de comédies de Molière :
Ce débat remonte au début du XXe siècle, mais ce n'est que récemment que l'oeuvre de Quinault y est impliquée. Dominique Labbé, dont les travaux, assistés par ordinateur, s'appuient sur la "distance intertextuelle" pour soutenir la thèse de Corneille auteur de pièces de Molière, a donné une conférence où il affirme que Thomas Corneille (le frère de Pierre) est "la plume de l'ombre" pour L'Amant indiscret, La Mère coquette, Amalasonte, Astrate et Bellérophon. Ce sont des conclusions à prendre avec précaution.

Les arguments basés sur la biographie de Quinault et sur l'histoire littéraire sont trop complexes pour que je les développe ici. Sur le plan méthodique, on peut consulter surtout u
n article de Charles Bernet, auteur du Vocabulaire des tragédies de Jean Racine, livre qui fait autorité (Genève, Slatkine et Paris, Champion, 1983). C. Bernet, qui exprime des réserves sérieuses sur la méthode de D. Labbé et sur la paternité de Corneille, compare le vocabulaire d'Astrate à celui de plusieurs pièces de Molière et de P. Corneille. Il trouve autant de parenté entre Quinault et P. Corneille qu'entre Molière et P. Corneille, et conclut que "la proximité lexicale, toute relative, entre Corneille et Molière n’a rien d’exceptionnel". Plus spécifiquement, il trouve qu'Astrate est très proche lexicalement d'Ariane de Th. Corneille et d'Alexandre de Racine, ce qui ne surprendra pas ceux qui apprécient le côté galant de Quinault.

On peut peut-être dire maintenant (novembre 2019) que le débat est clos. Jean-Baptiste Camps et Florian Cafiero ont appliqué l’analyse statistique des habitudes d’écriture à un corpus plus étendu -- ils ont comparé le vocabulaire, la grammaire, les rimes et les mots-outils de trente-sept comédies en vers de Molière et de Pierre Corneille mais aussi de Scarron, Rotrou et Thomas Corneille. Ils ont conclu qu'il est très probable que les œuvres de Molière n’aient jamais été écrites par Corneille, ni par un autre dramaturge de son temps. On peut lire l'article sur le site de la revue Science Advances et consulter la revue de presse du CNRS sur celui de l'École des Chartes.

Les deux scientifiques ont utilisé un corpus même plus étendu pour la phase préparatoire de leur étude. Deux pièces de Quinault y figurent : La Comédie sans comédie (qu'ils datent de 1667, alors qu'elle fut publiée en 1657) et La Mère coquette.

Camps et Cafiero citent un article de Marusenko and Rodionova, de 2010, qui compare treize comédies en vers de Molière à plusieurs pièces de Quinault (Les Rivales, L'Amant indiscret, La Mère Coquette) et de Pierre Corneille. L'article attribue une pièce de Molière, L'Étourdi, à Quinault, mais Camps et Cafiero donnent plusieurs raisons pour mettre en doute cette attribution.
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