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« Quel démon, ennemy de cet heureux Empire »

Sur la convalescence du Roy
SONNET

Quel Demon ennemy de cet heureux Empire
Du dernier des malheurs vient de nous menacer ?
Pour en marquer l’horreur quels traits peuvent suffire !
Et sans fremir encor, qui peut mesme y penser ?

Une maligne humeur n’a pas craint de blesser
Ce Roy si glorieux que l’univers admire ;
Et l’audace du mal a presque osé passer,
Jusqu’à frapper le Cœur le plus grand qui respire.

Les Destins nous font grace, et suivant nos souhaits
Conservent le plus beau des dons qu’ils nous ont faits.
Tout de Nouveau pour nous leur faveur se declare.

Elle rend a nos Vœux le plus parfait des Rois :
Et sans doute, Louis est un bien assez rare,
Pour estre par le Ciel, donné plus d’une fois.


SOURCES
A.Paris, Bibliothèque Nationale de France, Manuscrits, Mélanges Colbert 37, f. 194-195

ATTRIBUTION
A. Le sonnet est signé "Quinault".

NOTE
Comme "Nostre Roy, des Rois le modele", ce sonnet fut sans doute écrit en janvier 1687, à l'occasion de la guérison de Louis XIV après son opération pour une fistule anale.

Ce sonnet suit un sonnet de Perrault sur la convalescence du roi, "Qui ne voit que le Ciel amoureux de la France".
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