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Gratifications des gens de lettres

SOURCE A:

   On a aussy relû celle [la description] de Bonarum Artium Remuneratori, faite par feu Mr. Quinault, Et Elle a esté arrestée.


    Bien que Le Roy ayt esté occupé par des guerres presques continuelles qui sembloient devoir attirer tous ses soins, et qu’il ayt eu longtemps à soûtenir toutes les puissances de l’Europe liguées contre luy, jamais les Sciences et les Beaux-arts n’ont esté plus florissants que sous son Regne ; Il a estably pour les cultiver un grand nombre de differentes Academies, et a comblé de ses bienfaits tous ceux qui se sont distingués par leur savoir, ou par leur genie, non seulement dans la France, mais dans les pays Estrangers.
   La Liberalité du Roy est exprimée sous la figure d’une femme qui tient une corne d’abondance. Quatre jeunes enfans representent les genies de quatre differents arts ; celui de la Musique tient une lyre ; celui de la Poesie tient une trompette, et une Couronne de Laurier. Le troisième qui mesure un globe celeste, marque l’Astronomie ; et le quatriesme assis sur des livres, designe l’Histoire.
    Le mot Munificentia Principii à l’Exergue, et les mots de la Legende Bonarum Artium Remuneratori, font entendre que le Roy a répandu ses bienfaits sur tous les beaux Arts.


SOURCE B :

GRATIFICATIONS ACCORDEES AUX GENS DE LETTRES, ET A TOUS CEUX QUI EXCELLENT DANS LES BEAUX ARTS.
Quoi que le Roy ayt esté occupé par des guerres presques continuelles, qui sembloient devoir attirer tous ses soins, & qu’il ayt eu longtemps à combattre toutes les Puissances de l’Europe liguées contre luy, jamais les Sciences et les Arts n’ont esté plus florissants que sous son Régne. Il a establi, pour les cultiver, un grand nombre de différentes Academies, & a comblé de bienfaits tous ceux, qui se sont distinguez par leur sçavoir, ou par leur génie, non seulement dans la France, mais encore dans les Païs estrangers.
   C’est le sujet de cette Médaille. On voit la Liberalité du Roy sous la figure d’une femme, qui tient une Corne d’abondance. Quatre jeunes Enfans représentent les Génies de quatre différents arts. Celui de l’Eloquence tient une Lyre ; celui de la Poësie tient une Trompette, & une Couronne de Laurier ; le troisième, qui mesure un Globe celeste, marque l’Astronomie ; et le quatriéme, qui écrit, assis sur des Livres, designe l’Histoire. Les mots de la Légende, BONAE ARTES REMUNERATAE, signifient, les beaux Arts recompensez. L’Exergue marque la date 1666.

SOURCE C :
1664.
GRATIFICATIONS ASSEUREES AUX GENS DE LETTRES
L’Estime que le Roy avoit pour les Lettres, l’avoit tousjours porté à honorer de sa bienveillance les personnes qui les cultivoient avec quelque distinction. Il prévenoit de temps en temps par ses bienfaits les sçavants de son royaume qui s’y attendoient le moins, & ceux mesme des pays estrangers. Mais voulant asseurer aux uns & aux autres les marques de sa libéralité ; il assigna un fonds considérable pour les gratifications annuelles, qu’il destina au progrès des sciences & à l’émulation des gens de Lettres.
    C’est le sujet de cette médaille. On voit la liberalité du Roy sous la figure d’une femme, qui tient une corne d’abondance. Quatre jeunes enfans représentent les Génies de quatre différents arts. Celui de l’Eloquence tient une Lyre, celui de la Poësie tient une Trompette & une couronne de laurier, le troisiéme, qui mesure un globe céleste, marque l’Astronomie, et le quatriéme qui écrit, assis sur des livres, designe l’Histoire. La légende & l’exergue, PROEMIA LITTERATIS CONSTITUTA. M DC XLIV. signifient gratifications accordées aux Gens de Lettres en 1664.
SOURCES DE LA MÉDAILLE
A. Cabinet des Médailles de Paris, Série royale, no. 976 (or), 977 (argent), 978 (bronze), Diam. 70 mill.

B. Claude François Ménestrier, Histoire du roy Louis le Grand par les medailles, emblêmes, devises, jettons, inscriptions, armoiries, et autres monumens publics, Paris, Nollin 1689, f. 32, présente la même médaille que dans la source A. C'est aussi celle des registres de la Petite Académie, mais l'exergue est différent : LIBERALITAS. La présentation de la médaille est différente de celle dans le dernier paragraphe de Quinault.

SOURCES DE LA DESCRIPTION
   La source A ne diffère qu'en quelques très petits détails des transcriptions de Jacquiot. Les deux recueils de Médailles sur les principaux événements sont disponibles sur Gallica.
   On notera que toutes ces sources sont postérieures à la mort de Quinault.

A. Registre Journal des Délibérations et des Assemblées de l’Académie royale des Inscriptions. Séance du Mardy 20e Juillet 1694. .

B. Medailles sur les principaux evenements du regne de Louis le Grand, avec des explications historiques, Paris, Imprimerie royale, 1702, p. 87

C. Medailles sur les principaux evenements du regne de Louis le Grand, avec des explications historiques, Paris, Imprimerie royale, 1723, p. 83

D. Josèphe Jacquiot, "Philippe Quinault, membre de la Petite Académie", dans Mélanges d'histoire littéraire (XVIe-XVIIe siècles) offerts à Raymond Lebègue, Paris, Nizet, 1969, p. 318

E. Josèphe Jacquiot, Médailles et jetons de Louis XIV d’après le manuscrit de Londres, Paris, Imprimerie Nationale ; Klincksieck, 1968,  vol. II, p. 183


VARIANTES de la description
Source B:
   Le texte de la description est presque identique à celui de la source A. Au premier paragraphe, "bien que" devient "quoi que", "soûtenir" est remplacé par "combattre", les Beaux-arts sont simplemment les Arts, et "encore" est ajouté à la dernière ligne.
    Au deuxième paragraphe, la seule différence importante est que, parmi les quatre jeunes enfants, la Musique est remplacée par l'Éloquence. On précise que le quatrième enfant lit, ce qui n'est pas parfaitement clair sur la médaille. Ce sont des modifications qui vont dans le même sens que l’introduction des gens de lettres dans le titre la source C ira plus loin dans ce sens.
    La légende est différente. Au lieu de mettre l'accent sur le roi rémunérateur, elle dit simplement que les beaux arts sont récompensées. L'exergue disparaît, au profit de la date.

Source C:
    Le premier paragraphe de la description est assez diffférent. Il introduit l’estime que le roi avait toujours eue pour les lettres, avant l’établissement des gratifications, et les initiatives qu’il prenait pour reconnaître les savants et les lettrés. Les beaux arts ne sont pas mentionnés, les académies non plus.
    Le début du deuxième paragraphe ne change pas, mais il y a encore une nouvelle légende -- l'accent ici est sur les gratifications, et ce sont les gens de lettres au lieu des beaux arts qui les reçoivent. La date, ainsi que celle de la médaille, est différente.




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