Reber

Napoléon-Henri Reber (1807-1880) – compositeur, professeur au Conservatoire et membre de l’Institut – est connu aujourd’hui surtout pour son Traité d’harmonie (1862). De son vivant, il connut un succès considérable avec plusieurs opéras-comiques et avec sa musique de chambre. Il publia en 1877 son Op. 35, Roland. Scènes Lyriques extraites du poème de Quinault, peut-être composées plus tôt (Paris, Colombier, sans date mais avec le tampon du dépôt légal de 1877 ; l’encyclopédie MGG les date de 1855).

Il s’agit de plus de cent vers des actes IV et V de Roland, où il est question de la folie de Roland et puis de son retour à la raison :
IV, 2, 712-738 + 2 nouveaux;
IV, 6, 929-949 (tout) ;
V, 2, 982-1003 (tout)
V, 3, 1004, 1006 + 7 nouveaux
V, 3, 1010-1028
V, 4, 1033-1038
Quelques vers sont légèrement modifiés. Par exemple, « Voyons tout » (v. 737) devient « Lisons tout » et « Que prétends-tu » (v. 947) devient « Que me veux tu » ; le second exemple est sans doute pour éviter une tournure vieillie.

La plupart des nouveaux vers sont pour Logistille et le chœur, après le « Roland courez aux armes » au début de la scène 3 du dernier acte. Reber, ou un collaborateur, ajoute :
A la voix du pays
Répandez les alarmes dans les rangs ennemis
La Gloire vous appelle,
Oubliez tout pour elle.
Et sachez revenir
Aux exploits qu’on honore
Et que disent encore
Les siècles à venir
Aux armes ! aux armes !
Le troisième et le quatrième vers de ce passage sont empruntés au chœur final du livret de Quinault, « La Gloire vous appelle, / Ne soupirez plus que pour elle ».

Les 137 pages de la partition pour deux voix (Roland, Logistille), chœur (tb et ssttb) et grand orchestre consistent d’une ouverture et de trois scènes. Les passages pour Roland et Logistille alternent entre récits et passages plus mélodieux. Comme le disent plusieurs commentataires, il s’agit d’une sorte de cantate.

Dans la première scène, Roland découvre, grâce à des inscriptions écrites sur les murs d’une grotte par Médor et Angélique, que celle-ci l’a trahi et qu’elle aime Médor. Il sombre dans la folie, mais Logistille et le chœur des fées le font retrouver la raison (scène 2). Dans la dernière scène, il reconnaît son erreur et part défendre son pays.

* * *
Reber est aussi l'auteur d'une mélodie "Au Bord du ruisseau", sur les paroles "Fontaine, d'une eau si pure [...]" chantées par Médor à la scène 4 de l'acte II de Roland (v. 339-347).

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