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Pourquoi vous offenser

Pourquoy vous offenser de mon amour extréme ?
Que ne me laissez-vous languir pour vos appas ?
Ne sçauriez-vous, Iris, souffrir que l’on vous aime ?
Helas ! je souffre bien que vous ne m’aimiez pas.

Je sçay que vos rigueurs ne sont que trop à craindre,
Je sçay qu’elles pourront enfin m’oster le jour ;
Je les veux bien souffrir, Iris, sans m’oser plaindre,
Est-il plus malaisé de souffrir mon amour ?

SOURCES LITTÉRAIRES
A. Nouveau recueil des plus beaux airs de cour, Paris [1669] (fin 1669), p. 43 [RVC-13/ 040]
B. Paris, Bibliothèque Nationale de France, Manuscrits, MsFr 19.144, f.36r

ATTRIBUTION
A.  "Mr. Quinault".
B.  "Quinaut"

SOURCES MUSICALES
C. Livre d’airs de différents auteurs, X, Paris, Robert Ballard, 1667, f. 25v-26 [LADDA 1667-25]
D. Recueil d’airs sérieux et à boire, Paris, Chr. Ballard, 1700, p. 136-137
E. Jean-Benjamin de La Borde, Cinquième recueil de chansons, Paris, M. Moria, [1760], p, 6-7

ATTRIBUTION
La source A donne comme titre "Air de Mr. Lambert" (Michel Lambert).
La source D donne comme titre "Air sérieux de Mr. Bertin" (Toussaint Bertin de La Doué). Ce n'est pas la même mise en musique, même si les quatre premières notes sont les mêmes.
La source E est attribuée à Jean Benjamin de La Borde. La musique est d'un style tout à fait différent.

NOTE
   Les sources A et B ne donnent que la première strophe.
   Dans la source E, l'air commence "Pourquoi vous opposer" et, au vers 2, on trouve "laissiés" au lieu de "laissez".
   Dans les sources B, D, et E, au vers 3 on trouve "je vous aime" au lieu de "l'on vous aime".
   Dans la source B, le vers 3 commence "Iris ne scauriez vous" ; "Helas" est rayé et remplacé par "Iris". Au vers 4, "Je souffre" est remplacé par "Helas je souffre".
   Dans la source B, ces vers sont intitulés "Autres" ; ils suivent des vers attribués à Perrin, "Hé quoy dans un age sy tendre", intitulés "Pour la petite devilleneufve". Une note en marge précise que la jeune fille avait onze ans. Il n'est pas clair si "Autres" veut dire "Autres vers pour la petite De Villeneuve" ou simplement "Autres Paroles", puisque les vers qui précèdent "Hé quoy..." sont intitulés "Paroles". La deuxième hypothèse est plus probable, puisque les vers de Quinault, au contraire de ceux de Perrin, ne mentionnent pas l'âge du destinataire des vers. :
   Hé quoy dans un age sy tendre
   Ne sçaurions [nous] plus vous entendre
   Ny voir vos beaux yeux sans mourir ?
   Ah! vous estes pour nous, oú trop jeune, oú trop belle,
   Attendez petite cruelle
   Attendez a blesser quand vous pourrez guerir.
   Les vers de Perrin se trouvent dans LADDA 1667-29. Dans ses Paroles de musique, A.-M. Goulet les attribue à Boisrobert, à la suite de Titon du Tillet dans son Parnasse François (Paris, Coignard, 1732, p. 280). Titon du Tillet dit que Mlle de Villeneuve était l'élève de Lambert et "fille de Villeneuve, Operateur des dents du Roi".
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