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La belle Iris

La belle Iris me fait aimer ses chaisnes,
Bien que son cœur s’oppose à mes desirs.
Ah ! si l’Amour a de si douces peines,
Helas ! qu’est-ce donc que ses plaisirs ?

J’ay beau souffrir des rigueurs inhumaines,
J’aime toûjours le mal dont je me meurs.
Ah ! si l’Amour a de si douces peines,
Helas ! qu’est-ce donc que ses douceurs ?


SOURCES LITTÉRAIRES
A. Nouveau recueil des plus beaux airs de cour, Paris [1669] (fin 1669), p. 90 [RVC-13/ 085]

ATTRIBUTION
A.  "Mr. Quinault".

SOURCES MUSICALES (LWV 35/10)
B. Trios de la Chambre, manuscrit, F-Pn/ Rés. 1397, f. 11v (musique seulement)
C. Trios de différents auteurs, choisis et mis en ordre par Mr. Babel, Livre second, Amsterdam, E. Roger, 1698, p. 90 (musique seulement)
D. Brunettes ou petits airs tendres, Paris, Ballard, t. I, 1703, p. 214-218
E. H. D'Anglebert, Pièces de clavecin, 1689, p. 54
F. I. Transcription moderne des trios de Lully ("La jeune Iris")

ATTRIBUTION
La source A donne comme titre "Menuet de Mr. de Lully" (Jean-Baptiste Lully).
Pas d'attribution dans les sources B, C, D, mais ces trios sont généralement attribués à Lully

NOTES
    On ne sait pas quand les paroles de Quinault ont été associées à la musique de ce trio de Lully, mais presque toutes les sources donnent "La jeune Iris" comme titre. Les paroles de Quinault ont sans doute été écrites après la musique, probablement vers 1665, date la plus généralement acceptée pour la composition des trios de Lully.  
   Dans la source D, il y a trois couplets. Le premier commence "La jeune Iris", mais le reste est comme dans la première strophe de la source A, en dehors de la ponctuation et de l'orthographe. Voici les deux autres strophes :
Mon trouble croît, ma langueur est extrême,
Plus je soûpire, & plus je suis charmé :
Ah s'il est doux de souffrir, quand on aime,
   Helas, qu'est-ce donc que d'estre aimé ?

Dans mes tourments je me flatte moy-même,
D'un doux espoir mon coeur est enflammé :
S'il est si doux d'esperer, quand on aime,
   Helas, qu'est-ce donc que d'estre aimé ?

   Dans la source B, ce trio instrumental a comme titre "La Jeune Iris" ; H. Schneider, dans son catalogue de l'oeuvre de Lully, l'identifie comme "La jeune Iris me fait aimer cette chaîne", ce qui est proche du vers de Quinault. "Jeune" pourrait facilement se substituer à "belle", mais "cette" est probablement une erreur, puisqu'elle fait un vers de 11 syllabes à la place des décasyllabes qu'on trouve au même endroit dans les autres strophes; d'ailleurs, la façon la plus évidente de mettre ces paroles sous la musique ne donnerait qu'une syllabe à ce mot.
   Voir le catalogue de H. Schneider pour d'autres sources manuscrites.
À l'ombre d'un ormeau. Brunettes et contredanses au XVIIIe siècle, Les Musiciens de Saint-Julien, dir. François Lavarévitch, 1 CD, Alpha 2013 (comme dans la source D)
Voir aussi transcriptions de d'Anglebert

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