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Lettres de Louvois

J’ay receu vostre lettre d’hyer. Je vous ay desjà mandé que le roy avoit aprouvé le sujet du prologue de l’opéra et que vous y pouviez travailler et je vous répète la mesme chose, afin que vous n’y perdiez point de temps.
Lettre à Philippe Quinault, de l’Académie française, Versailles, 15 décembre 1684 (A1 720, fol. 305).
 
J’ay rendu compte au roy du sujet du prologue de l’opéra d’Armide, que S.M. a aprouvé, et ainsy vous pouvez travailler sur ce projet, que je vous renvoye.
Lettre à Philippe Quinault, de l’Académie française, Versailles, 7 janvier 1686 (A1 761, fol. 104).


Notes
Il s'agit sans doute de l'approbation royale des livrets de Roland (janvier 1685) et d'Armide (février 1686). On remarquera que cette approbation fut donnée environ un mois avant la création de chaque oeuvre, ce qui suggère que les prologues étaient écrits après les cinq actes. On peut conclure aussi que Quinault et Lully ont travaillé rapidement pour terminer les paroles (on imprimait le livret avant les premières représentations) et la musique de ces prologues, ou que leur travail étaient déjà bien avancé et qu'ils étaient quasiment certains que leur projet ne serait pas rejeté.


Je cite ces deux lettres d'après l'édition de la correspondance de Louvois, Architecture et beaux-arts à l'apogée du règne de Louis XIV : édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des Bâtiments du roi, arts et manufactures de France (1683-1691), sous la direction de Thierry Sarmant et Raphaël Masson, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques. La lettre du 15 décembre 1684 se trouve dans le tome I (2007), p. 225, lettre 599. Celle du 7 janvier 1686 paraîtra dans le tome III (prévu pour 2010), lettre 2458. Ces lettres sont conservées à Vincennes, au Service historique de la Défense, département Terre.

François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois (1641-1691), était ministre et secrétaire d'État. Depuis la mort de Colbert en 1683, il s'occupait des académies, dont l'Académie Royale de Musique.

Je remercie M. Raphaël Masson de m'avoir signalé l'existence de ces lettres de de m'avoir communiqué le texte de la seconde, inédite.
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