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Pradon

Connu surtout à cause de la querelle qui opposa son Phèdre et Hippolyte à celui de Racine, Jacques Pradon (1632-1698) fut un des cibles préférés de Boileau. Au contraire de Quinault, Pradon se donna la peine de se défendre longuement.

Le Triomphe de Pradon, Lyon, 1684
Commentaire sur le vers 20 de la Satire II de Boileau, « La raison, dit Virgile & la Rime, Quinaut » :
Ces sortes de vers qui ne frapent que par surprise, & avant que l’esprit ait eu le loisir de se mettre en garde contre leur illusion, sont dangereux à repeter souvent. […] l’Autheur sans deffaut n’est donc opposé à Quinaut que pour la Rime, & au fonds ce n’est rien du tout, croit-il être en droit de relever la reputation de Virgile par le contraste de Quinaut, il se trompe, il ne fait gueres d’honneur à Virgile, & ne fait aucun tort à Quinaut. […] Je sauray m’écrier comme un autre quand il le faudra, Ave Virgilio : mais je n’admireray pas toûjours les sottises heroïques de l’Eneïde, et je seray touché quelquefois des badineries liriques de Quinaut.
p. 52, 54

Commentaire sur la Satire III de Boileau, vers 176-203 :
Cette Tragedie ne s’est pas acquis une approbaion si generale que l’Autheur le veut faire penser ; jamais Quinault n’a tant répandu de sucre & de miel dans ses opera, que le grand Racine en a mis dans son Alexandre, nous faisant du plus grand Heros de l’Antiquité, un ferluquet amoureux. […]
    Peut-estre méme qu’il n’y a rien qui soit plus dans le genre de la vraye Tragedie que l’est Astrate. Je ne sai si l’Anneau Royal est plus mauvais que l’Espée de Phedre, & que la defaillance Poëtique qu’on donne à cette Reine. […]
p. 84

Nouvelles remarques sur les ouvrages du Sieur D.***. La Haye, Jean Strik, 1685
Remarques sur la Satire IX de Boileau, vers 97-98 :
[…] en suite il tombe dans la repetition des noms des Auteurs qu’il a déjà nommés, & poursuit incessamment un plus galant Homme que luy, qui a fait des Ouvrages dont il est l’original, & au genie duquel nous devons tous les Operas que nous avons en France, & toutes ces jolies et tendres chansonnetes que l’incomparable Monsieur de Lully a si bien mises en air ; en verité le merite de cet Auteur qui est si honnête Homme est au dessus de la Satire, & je voudrois bien avoir veu quelque Opera ou quelque piece de Theátre de la façon de Monsieur D.*** pour nous servir de modelle.
p. 52-53

Réponse à la Satire X. du Sieur D**
. Paris, De la Caille, Cavelier et Osmont, 1694

Remarques sur les vers 125-147 de la Satire X de Boileau, sur la "morale lubrique" des livrets de Quinault:
Tu fais sur l’Opera des notes curieuses,
Mais tes reflexions sont trop luxurieuses,
Tu repans ton venin sur d’agreables sons,
Et veux empoisonner jusques à nos Chansons,
En des termes trop forts ta Satire s’explique,
Et ces mots insolents de Morale lubrique,
Font voir que Despreaux avec ses beaux talens,
Est bien plus insensé que ne sont les Rolands ;
[...]
p. 31
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