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Desmarets de Saint-Sorlin

Quinault, bien que souvent malmené par Boileau, n'a rien publié contre le satirique. On lui attribue La Satire des satires, mais elle est le plus souvent attribuée à Cotin.

En revanche, plusieurs auteurs ont pris sa défense, et celle de plusieurs autres victimes de Boileau. Parmi eux, le plus important est peut-être Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676), poète et dramaturge, protégé de Richelieu et membre fondateur de l'Académie Française. Il publia en 1674 La Deffense du Poëme Heroïque, avec quelques remarques sur les oeuvres satyriques du Sieur D***. Dans le dialogue VII, entre Despréaux (Boileau) et l'Ombre de Molière, celui-ci dit :

Dire un nom te suffit, sans en dire autre chose.
Sçais-tu blâmer un vers ? jamais d’un seul deffaut
Tu ne sceus accuser les œuvres de Quinault :
Mais en doctes leçons une veine fertile
Dé-ja de tes deffauts a marqué plus de mille.
[…]
/p. 135/
Tu viens de faire voir ton cœur noble & bien haut.
On te fit un festin pour embrasser Quinaut.
Tous deux en vrais amis vous fistes bonne chere.
Luy que le Ciel forma liberal & sincere,
Bien-tost en son logis te fit un grand repas :
Mais après peu de jourrs il ne t’en souvint pas.
Avec les gens d’honneur comment osts-tu vivre,
L’ayant tout de nouveau renoircy dans ton livre ?


On peut ajouter à la satire de Saint-Sorlin celle de Coras, Le Satirique berné en prose et en vers (1668) :

Et qu’ont fait tant d’Autheurs pour remuër leur cendre ?
Que vous ont fait Perrain, Bardin, Mauroy, Bursaut,
Colleret, Pelletier, Titreville, Kainaut,
Dont les noms en cent lieux placez comme en leurs niches,
Vont de vos vers malins remplir les hemistiches ?
Ce qu’ils font vous ennuye. O le plaisair détour !
Ils ont bien ennuyé le Roy, toute la Cour ;
Sans que le moindre Edit, ait pour punir leur crime,
Retranché les Autheurs, ou supprimé la Rime.


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