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Boileau

C'est en grande partie à cause des barbes de Boileau que Quinault fut relégué au rang des auteurs secondaires du siècle de Louis XIV. Voici les citations les plus importantes, dans l'ordre approximatif de leur composition ; on remarquera qu'il y eut une réconciliation entre les deux poètes peu de temps avant la mort de Quinault. Notons aussi que Boileau écrivit à Brossette "Il ne faut point prendre les poètes à la lettre" (5 juillet 1706 ; éd. Escal p. 703).
Le texte est celui de l'édition établie par Françoise Escal, dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Voir la page Pradon pour sa réponse aux Satires II, III, IX et X.
Voir les pages Desmarets de Saint-Sorlin et La Satire des satires pour quelques réponses à Boileau.


Si je pense exprimer un Auteur sans défaut,
La raison dit Virgile, et la rime Quinault.

Satire II, Paris, 1665, v. 19-20 (peut-être écrite vers 1663 ; éd. Escal, p. 17)

[C’est le compagnard ridicule qui parle :]
« Morbleu ! dit-il, la Serre est un charmant Auteur !
Ses vers sont d’un beau stile, et sa prose est coulante.
La Pucelle est encore une œuvre bien galante,
Et je ne sçai pourqoui je baaille en la lisant.
Le Païs sans mentir, est un bouffon plaisant :
Mais je ne trouve rien de beau dans ce Voiture.
Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture.
A mon gré, le Corneille est joli quelquefois.
En vérité pour moi, j’aime le beau François.
Je ne sçai pas pourquoi l’on vante l’Alexandre :
Ce n’est qu’un glorieux qui ne dit rien de tendre :
Les Heros chez Quinaut parlent bien autrement,
Et jusqu’à je vous hais, tout s’y dit tendrement.
On dit qu’on l’a drapé dans certaine satire,
Qu’un jeune homme... » – « Ah ! je sçai ce que vous voulez dire »,
A répondu notre Hoste, Un Auteur sans défaut,
La Raison dit Virgile, et la Rime Quinaut
. »
– « Justement. » – « A mon gré la piece est asssez plate :
Et puis blâmer Quinaut... » – « Avez-vous vû l’Astrate ?
C’est là ce qu’on appelle un ouvrage achevé.
Surtout l’Anneau royal me semble bien trouvé.
Son sujet est conduit d’une belle maniere,
Et chaque acte en sa piece est une pièce entiere :
Je ne puis plus souffrir ce que les autres font. »
– « Il est vrai que Quinaut est un Esprit profond »,
A repris certain Fat, qu’à sa mine discrete
Et son maintien jaloux j’ai reconnu Poëte :
Mais il en est pourtant, qui le pouroient valoir. »

Satire III, Paris, 1666, v. 176-203 (peut-être commencée en 1664 ; éd. Escal, p. 24-25)
Dans son commentaire sur la Satire III, Brossette écrit, à propos du vers "Et jusqu'à je vous hais [...]" : "Dans les Tragédies de Quinault, tous les sentimens sont tournez à la tendresse, jusques dans les endroits où l'on ne devroit exprimer que de la haine ou de la douleur : C'est pourquoi on l'avoit surnommé, le doucereux Quinaut. Mr. Despréaux avoit vû joüer Stratonice [...], la Scène ] finissoit par ces deux vers : Adieu, croïez toûjours que ma haîne est extrême, / Prince, & si je vous hais, haïssez moi de même. C'est particulièrement cet endroit que Mr. Despréaux a eu en vuë. Acte 2. Scène 6. & 7.".
À propos d'Astrate et ses scènes trop remplies, Brossette cite Boileau : "J'ai relû l'Astrate, m'a dit Mr. Despréaux. J'ai été étonné que je n'en aie pas dit davantage dans ma Satire ; car il n'y a rien de plus ridicule, & il semble que tout y ait été fait exprès en dépit du bon sens. A la fin, on dit à Astrate, que sa Maîtresse est empoisonée : cela se dit devant elle ; & il répond pour toute chose : Madame. Cela n'est-il pas bien touchant ? Nous disions autrefois, qu'il valoit bien mieux mettre : Tredame".

PLUTON : […] mais quelle est cette femme que je vois qui arrive ?
DIOGENE : Ne reconnoissés vous pas Thomyris ?
PLUTON : Quoy ? Cette Reine sauvage des Massagetes qui fit plonger la teste de Cyrus dans un vaisseau de sang humain ? Celle ci ne pleurera pas, j’en respons. Qu’est ce qu’elle cherche ?
THOMYRIS : Que l’on cherche par tout mes tablettes perdües,
Mais que sans les ouvrir elles me soient rendües.
[Note de Boileau : « Ce sont les deux premiers vers de la Tragedie de Cyrus faicte par M. Quinaut et c’est Thomyris qui ouvre le theatre par ces deux vers ». Boileau se moque surtout des romans de Mlle de Scudéry, comme il le fait dans sa lettre à Brossette du 7 janvier 1703, cité ci-dessous.]
[…]
PLUTON : Quel est ce grand Innocent qui s’en va des derniers, ce qui a la mollesse peinte sur le visage ? Comment t’appelles-tu ?
ASTRATE : Je m’appelle Astrate.
PLUTON : Que viens-tu chercher ici ?
ASTRATE : Je veux voir la Reine.
PLUTON : Mais admirés cet impertinent. Ne diriés vous pas que j’ay une reine que je garde ici dans une boëte et que je montre à tous ceux qui la veulent voir ? Qu’es-tu, Toi ? As tu jamais esté?
ASTRATE : Oui-da, j’ai esté, et il y a un Historien Latin qui dit de moi en propres termes Astratus vixit. Astrate a vescu.
PLUTON : Est-ce là tout ce qu’on trouve de toi dans l’histoire ?
ASTRATE : Oui. Et c’est sur ce bel argument qu’on a composé une Tragedie intitulée, de mon nom, Astrate où les passions tragiques sont maniées si adroitement que les Spectateurs y rient à gorge déployée depuis le commencement jusqu’à la fin tandis que moi j’y pleure toûjours, ne pouvant obtenir que l’on m’y montre une Reine dont je suis passionnément épris.

Dialogue des héros de roman, Paris, 1713 (circule en manuscrit vers 1665-1666 ; publié à l’insu de Boileau en 1688 et 1693 ; éd. Escal, p. 458, 476)

[Boileau s’adresse à son esprit]
Et qu’ont fait tant d’Auteurs pour remuer leur cendre ?
Que vous ont fait Perrin, Bardin, Pradon, Haynaut,
Colletet, Pelletier, Titreville, Quinaut,
Dont les noms en cent lieux, placez comme en leurs niches
Vont de vos vers malins remplir les hemistiches ?
[...]
Puisque vous le voulez, je vais changer de style.
Je le déclare donc : Quinault est un Virgile
Satire IX (À mon Esprit), Paris, 1668, v. 96-100, 287-288 (écrite en 1667 ; éd. Escal, p. 51). Voir la Satire II, plus haut

Mais souvent sur ses vers un Auteur intraitable
A les protéger tous se croit intéressé,
[…]
Mais tout ce beau discours, dont il vient vous flatter,
N’est rien qu’un piege adroit pour vous les reciter.
(Art poétique, Ch. I, v. 208-209, 221-222)
Selon Brossette (Œuvres, éd. Brossette, 1716, I, 302), « Ceci regarde Mr. Quinaut. Les railleries que nôtre auteur avoit fait de lui dans ses Satires, n’epêchèrent pas qu’il ne recherchât l’amitié de Mr.Despréaux. Mr. De Mérille Premier Valet de Chambre de Monsieur Frere du Roi, fut le Médiateur. Mr. Quinaut l’alloit voir souvent, mais ce n’étoit que pour avoir l’occasion de lui faire voir ses Ouvrages : Il n’a voulu se raccommoder avec moi, disoit Mr. Despréaux, que pour me parler de ses Vers : & il ne me parle jamais des miens.

[…] Quelque passionné que je sois pour vostre gloire, je chéris encore plus vostre personne, et j’aimerois encore mieux vous entendre parler ici de Chapelain et de Quinaut que d’entendre la Renommée parler si avantageusement de vous. Et puis, Mgneur, combien pensés vous que votre protection m’est necessaire en ce Pays, dans les demeslés que j’ai incessament sur le Parnasse. Il faut que je vous en conte un pour vous faire voir que je ne ments pas. Vous scaurés donc, Monseigneur, qu’il y a un Medecin à Paris nommé Perrault tres grand Ennemi de la santé de du bon sens, mais en recompense fort grand ami de Mr Quinaut. […] Ce nouvel Architecte qui veut se [mesler] aussi de Poesie, m’a pris en haine sur le peu d’estime que je faisois des ouvrages de son cher Quinaut. […]
Lettre au duc de Vivonne, septembre 1676, éd. Escal, p. 781

Mme de M[ontespan] et Mme de T[hiange] sa soeur, lasses des Operas de M. Quinaut, proposerent au Roy d'en faire faire un par Monsieur Racine, qui s'engagea assés legerement à leur donner cette satisfaction, ne songeant pas dans ce moment-là à une chose dont il estoit plusieurs fois convenu avec moi, qu'on ne peut jamais faire un bon Opera […]. Mais comme Monsieur Racine n'entreprenoit cet Ouvrage qu'à regret, il me temoigna resolument qu'il ne l'acheveroit point que je n'y travaillasse avec lui […]. Nous estions occupés à ce miserable travail, dont je ne scay si nous nous serions bien tirés, lorsque tout à coup un heureux incident nous tira d’affaire. L’incident fut que Monsieur Quinault s’estant présenté au Roy les larmes aux yeux, et lui ayant remonstré l’affront qu’il alloit recevoir s’il ne travailloit plus aux divertissemens de Sa Majesté, le Roy, touché de compassion declara franchement aux Dames dont j’ay parlé, qu’il ne pouvoit se resoudre à lui donner ce deplaisir. Sic nos servavit Apollo.
Prologue d’opéra, Avertissement au lecteur, Paris, 1713 (le projet date de 1674 ou de 1678-1679 ; éd. Escal, p. 277-278)

[Boileau parle d’un marquis, d’une « ignorance aimable », qui depuis quelques mois « ne veut plus parler que de rime et de prose.]

Il rit du mauvais goust de tant d’Hommes divers,
Et va voir l’Opera, seulement pour les vers.
Epître IX, Paris, 1683, v. 97-98 (écrite en 1675 ; éd. Escal, p. 135)

« […]
Vien, et sous ce rempart à ce guerrier hautain
Fais voler ce Quinaut qui me reste à la main. »
A ces mots il luy tend le doux et tendre ouvrage.
Le Sacristain boüillant de zele et de courage,
Le prend, se cache, approche, et droit entre les yeux
Frappe du noble écrit l’Athlete audacieux :
Mais c’est pour l’ébranler une foible tempeste.
Le livre sans vigueur mollit contre sa teste.

Le Lutrin, Paris, 1683, chant V, v. 191-198 (Livres I-IV, 1674 ; éd. Escal, p, 216)

Je n’ay pas prétendu […] qu’il n’y eust point d’esprit ni d’agrément dans les Ouvrages de M. Q***, quoyque si éloignez de la perfection de Virgile. J’ajouteray mesme sur ce dernier, que dans le temps où j’écrivis contre lui, nous etions tous deux fort jeunes, et qu’il n’avoit pas fait alors beaucoup d’ouvrages qui lui ont dans la suite acquis une juste réputation.
Préface des Œuvres diverses, Paris, 1683 (éd. Escal, p. 857)

Dites bien à Mr Quinaut que je lui suis infiniment obligé de son souvenir et des choses obligeantes qu’il a escrites de moi à Mr l’Abbé de Sales. Vous pouvés l’asseurer que je le compte presentement au rang de mes meilleurs Amis et de ceux dont j’estime le plus le cœur et l’esprit.
Lettre à Racine, 19 août 1687 (éd. Escal, p. 745)

Ce precepte effectivement qui donne pour regle de ne point garder quelquefois de regles, est un mystere de l’Art, qu’il n’est pas aisé de faire entendre à un Homme sans aucun goust, qui croit que la Clelie et nos Opera sont les modèles du Genre sublime [...].
Discours sur l’ode, Paris, 1693 (éd. Escal, p. 227-228)

L’Epouse que tu prens, sans tache en sa conduite,
Aux vertus, m’a-t-on dit, dans Port-Royal instruite,
Aux loix de son devoir regle tous ses desirs.
Mais qui peut t’asseurer, qu’invincible aux plaisirs,
Chez toy dans une vie ouverte à la licence,
Elle conservera sa premiere innocence ?
Par toi-mesme bien-tost conduite à l’Opera,
De quel air penses-tu, que ta Sainte verra
D’un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse,
Ces danses, ces Héros à voix luxurieuse
Entendra ces discours sur l’amour seul roulans,
Ces doucereux Renauds, ces insensez Rolands ;
Sçaura d’eux qu’à l’Amour comme au seul Dieu suprême,
On doit immoler tout, jusqu’à la vertu même* :
Qu’on ne sçauroit trop tost se laisser enflammer :
Qu’on n’a receu du Ciel un cœur que pour aimer ;
Et tous ces lieux communs de Morale lubrique,
Que Lully rechauffa des sons de sa musique ?
Mais de quels mouvemens en son coeur excités
Sentira-t-elle alors tous ses sens agités ?
Je ne te répons pas, qu’au retour moins timide,
Digne Ecoliere enfin d’Angelique et d’Armide,
Elle n’aille à l’instant pleine de ces doux sons,
Avec quelque Médor pratiquer ces leçons.

Satire X, Paris, 1694, v. 125-147 (commencée avant 1677 ; éd. Escal, p. 66)
* Cf. Racine, Phèdre (III, 3, v. 903, Oenone) : "Il faut immoler tout, et même la vertu". Selon Brossette, Boileau citait souvent comme exemple de "morale lubrique" deux vers d'Atys (III, 2, Idas et Doris) : "Il faut souvent, pour devenir heureux, / Qu'il en coûte un peu d'innocence". Brossette ajoute "Il raportoit plusieurs autres traits de la Morale des Opera, contre laquelle il se récrioit toûjours vivement" (Boileau, Oeuvres, avec remarques de Brossette, Genève, Fabri et Barrillot, 1716, p. 118).

[Dans une liste d’ouvrages qu’on veut que Boileau admire :]
Paralleles des Anciens et des Modernes, où l’on voit la Poësie portée en son plus haut point de perfection dans les Opera de M. Quinaut ». [...]
Je ris, Monsieur, en vous escrivant cette liste, et je croi que vous aurés de la peine à vous empescher aussi de rire en la lisant.
Lettre à Antoine Arnauld, juin 1694 (éd. Escal, p. 793). L'ironie de Boileau est évidente.

Que s’il [Perrault, dans son Parallèle] louë en quelques endroits Malherbe, Racan, Moliere et Corneille, et s’il les met au dessus de tous les Anciens, Qui ne voit que ce n’eft qu’afin de les mieux avilir dans la suite, et pour rendre plus complet le triomphe de M. Quinaut, qu’il met beaucoup au dessus d’eux, et [« qui est], dit-il en propres termes, le plus grand Poëte que la France ait jamais eu pour le Lyrique, et pour le Dramatique » ? Je ne veux point ici offenser la memoire de M. Quinaut, qui malgré tous nos démêlez Poëtiques, est mort mon ami. II avoit, je l’avouë, beaucoup d’esprit, et un talent particulier pour faire des vers bons à mettre en chant. Mais ces vers n’estoient pas d’une grande force ni d’une grande élévation ; et c’estoit leur foiblesse mesme qui les rendoit d’autant plus propres pour le Musicien auquel ils doivent leur principale gloire ; puisqu’il n’y a en effet de tous ses ouvrages que les Opera qui soient recherchez. Encore eft-il bon, que les notes de Musique les accompagnent. Car pour les autres pieces de Theatre qu’il a faites en fort grand nombre, il y a long-temps qu’on ne les jouë plus, et on ne se souvient pas mesme qu’elles ayent esté faites.
Du reste, il eft certain que M. Quinaut estoit un tres-honneste homme, et si modeste, que je suis persuadé que s’il estoit encore en vie, il ne seroit guere moins choqué des loüanges outrées que lui donne ici M. P. que des traits qui sont contre luy dans mes Satires.

Réflexion critique III, Paris, 1694 (composée 1692-1694 ; éd. Escal, p. 503)


    En allant diner chez M. Le Verrier, nous avons parlé de Quinault.
    M. Despréaux m’a dit que ce poëte avoit de l’esprit, mais qu’il étoit fort ignorant, et pour exemple, il m’a cité le fait qu’il m’avoit déjà raconté autrefois, que Quinault n’avoit pas sçu que Natilis Comes, et Noël le Comte étoit le même auteur en latin et en françois. Son vrai nom en italien étoit Natale Conti. Il étoit de Venise, mort vers l’an 1580. Il m’a dit que dans les Opéras, Quinault avoit parlé fort joliment de l’amour et de la tendresse, mais qu’il n’en avoit pas parlé en amoureux, c’est-à-dire, comme la nature doit parler. Sur cela il m’a fait la critique de quelques endroits des Opéras, particulièrement de ce vers d’Atys :
Je suis assez vengé ; vous m’aimez, et je meurs. [V, 6, v. 1017]
    Dans lequel M. Despréaux trouve trop de présomption, de vanité et d’amour propre de la part d’Atys. Atys est un fat, a dit M. Despréaux.
Mémoires de Brossette, 22 octobre 1702 (éd. Laverdet,1858, p. 535)

[Boileau critique Mlle de Scudéry d'avoir, dans sa Clélie, « choisi le plus grave siècle de la République Romaine pour y peindre les caractères de nos François ».]
[...] Le plaisant de l'affaire est que nos Poëtes du Théâtre, dans plusieurs Pièces, ont imité cette folie, comme on le peut voir dans la Mort de Cyrus, du célèbre M. Quinault, où Thomyris entre sur le Théâtre en cherchant de tous costés, et dit ces deux beaux vers :
Que l'on cherche partout mes Tablettes perdues,
Et que sans les ouvrir elles me soient rendues.
   Voilà un étrange meuble pour une Reine des Massagettes, que des Tablettes dans un temps où je ne scay si l'art d'escrire estoit inventé.
Lettre à Brossette, Paris, 7 janvier 1703 (éd. Laverdet, 1858, p. 122)

M. Despréaux me disoit en parlant de Philomèle, Opéra nouveau : Tous ces faiseurs d'Opéra font le voeu de Quinault ; c'est leur modèle : c'est le plus grand parleur d'amour qu'il y ait eu, mais il n'est point amoureux. Je leur pardonnerois, disoit-il, toutes leurs dévotions à l'Amour dans un sacrifice qu'on seroit forcé de faire à ce Dieu sur le Théâtre ; mais le Choeur de l'Opéra prêche toujours une morale lubrique : vous n'y entendez autre chose, sinon,
Il faut aimer,
Il faut s'enflammer :
La sagesse
De la jeunesse,
C'est de sçavoir jouer de ses appas.
    Bolaeana, ou bons mots de M. Boileau, Amsterdam, Lhonoré, 1742, p. 4. Les vers ne sont pas extraits d'un opéra de Quinault, même si on y trouve des choeurs où on dit à peu près la même chose.
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