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Stendhal

Quelques extraits du journal du jeune Henri Beyle :

5 Thermidor (24 juillet) 1804, fin de l’entrée
« Lire pour poétique quelques opéras modernes et ceux de Quinault. »

4 brumaire (26 octobre) 1804
    La Mère coquette, de Quinault, jolie pièce ; jusqu'au troisième acte, je me disais: Voilà qui vaut mieux que toutes les comédies de Colin, c'est une délicatesse charmante bien supérieure à la niaiserie de notre contemporain ; mais Quinault a manqué la scène du raccommodement entre ses deux amants, qu'il avait eu l'art de faire vivement désirer, et a eu la maladresse de ne pas mettre en action un dénouement qui eût été comique.
    En général, plus de délicatesse que de verve comique, et (en supposant qu'on joue la pièce telle que Quinault l'imprima) on ne s'aperçoit pas le moins du monde de ses cent cinquante ou cent quatre-vingts ans.
    En dernière analyse, c'est une charmante comédie, elle serait très bonne si la mère jalouse agissait davantage.
   Les vers m'en ont paru très bons ; il n'y a pas de scènes oiseuses, mais les trois premiers actes finissent par : « Entrons, je vous dirai tout cela ; » des détails libres ; au milieu du plus libre, une toux très comique; les paroles du vieillard de soixante ans n'auraient pas, je crois, été souffertes dans la bouche d'un jeune homme. Tant il est vrai qu'au théâtre, où tout est rapide, la plus forte impression ne donne pas le temps de songer aux autres, et qu'ainsi on peut tout faire passer.

29 avril 1805
Stendhal commence son entrée par une citation d'Atys (I, 6),
"Sangaride, ce jour est un grand jour pour toi",
sans, malheureusement, mentionner Quinault.
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