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Requemora-Gros

On peut opposer au dénuement des espaces tragiques les tragédies à machines telles qu’Andromède, qui se passe en Éthiopie et la Toison d’Or qui se passe à Colchos, ou, mieux encore, les opéras, les tragédies en musique de Quinault et Lulli, comme Isis qui se passe en Égypte, Persée en Éthiopie, Roland en Orient, et Angélique, ‘reine du Catay’. Les dialogues n’y sont pas plus pittoresques, mais la multiplicité des décors – les jardins, les antres, les palais, les forêts, les rivages –, celle des costumes, des chants, des danses et des figurants – Africains, Égyptiens, matelots, monstres, sacrificateurs, etc. –, fait de l’exotisme, si romanesque et si artificiel qu’il soit, le plaisir premier du spectacle. Cependant, cette fois, ce ne sont plus les héros qui voyagent, mais les spectateurs.

Sylvie Requemora-Gros, Voguer vers la modernité. Le voyage à travers les genres au XVIIe siècle. Paris, PUPS, 2012
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