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Laujon

"Je m’occupais d’avance à travestir les poèmes (j’essayai même alors de faire la parodie d’Armide, me flattant toujours qu’on ne pouvait se dispenser de rendre au public ce genre que je trouvais toujours aussi séduisant), je ne me lassais point de lire Quinault, j’admirais cette souplesse harmonieuse que je ne trouvais que dans ses vers ; j’avais peine à concevoir qu’un homme eût tiré de son imagination l’art de créer ce genre de spectacle qui pût à la fois flatter tous les sens, réunir et s’approprier tous les genres de poésie, réaliser les fictions de l’épopée, emprunter d’elle l’art de personnifier les passions, mettre en action ce qu’elle ne peut mettre qu’en récit [..], graver dans l’esprit par l’attrait du plaisir les illusions de la fable, faire concourir enfin au succès d’un genre que nous enviait l’Europe entière, nos principaux artistes, poètes, musiciens, chanteurs, acteurs, peintres, décorateurs et machinistes."

Pierre Laujon, Préface de ses Œuvres choisies de P. Laujon, Paris, Patris et cie, 1811, t. I, p. xv-xvi

 

La parodie d'Armide est de 1762. Laujon était aussi un des auteurs, avec Favart et Parvi, d’une parodie du Thésée de Quinault, créée en février 1745 par la troupe de l’Opéra-Comique à la Foire Saint-Germain. Voir Isabelle Degauque, éd., Médée. Un monstre sur scène. Réécritures parodiques du mythe 1727-1749, Saint-Gély-du-Fesc, Espaces 34, 2008.
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