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Alain Niderst

Selon Niderst, Mithridate de Racine (décembre 1672) aurait influencé Quinault pendant la composition de Cadmus et Hermione (avril 1673). Ceci en partie parce que les deux oeuvres émanent de l'esthétique galante, et en partie parce qu'on peut voir dans Mithridate des éléments de l'opéra italien.

Quinault, qui n'avait pas encore composé de tragédie lyrique, a pu avoir connaissance du texte de Racine, où il trouvait une situation originale et touchante : des amants à que la révolte est difficile ou même interdite, puisque l'héroïne est presque mariée, et par la volonté sacrée de son père. En simplifiant un peu, on pourrait dire que le Géant est un reflet de Mithridate, le Dragon un reflet de Pharnace et que Pallas reprend à peu près le rôle des Romains. Nous aurions donc avec cet opéra une projection de la tragédie dans un univers plus simple et plus merveilleux à la fois, plus simple, car les personnages et leurs sentiments sont schématiques, voire élémentaires, plus merveilleux, puisque le ciel et les dieux paraissent sur le théâtre.
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Mithridate, avec ou sans la mediation de la tragédie racinienne, a inspiré maints opéras italiens du dix-huitième siècle. C'est en rencontrant le roi du Pont, ses fils et Monime, que Racine a conçu une tragédie lyrique conforme au goût nouveau qu'allaient incarner Lully et Quinault. C'est comme si la figure de Mithridate, ses combats acharnés et ses difficiles amours, entraînaient avec eux des récitatifs et des arias, d'opulentes décorations, des plaintes méoldieuses et de grands morceaux pompeux, des choeurs, à la rigueur des ballets.

"Mithridate opéra ?", p. 127, 135
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